Derrière les larmes de Laurent Spanghero.

22 mars 2013


Derrière les pleurs de Laurent Spanghero (BFM) sur l’honneur perdu du clan mythique (paysan, rugbystique et entrepreneurial) des Spanghero , se cachent 2 remarques : l’une  toute simple  et l’autre un peu plus profonde.

 
 

Première constatation : lorsque les dirigeants de PME familiales  éponymes cèdent leur entreprise, iIs ne cèdent pas seulement leur entreprise mais aussi et surtout le nom qui va avec et toutes les conséquences qui s’y rattachent. La parade pourrait consister à vendre sans le nom mais souvent c’est ce nom qui est porteur de notoriété et c’est cela que l’acheteur désire par-dessus tout.

 

Le choix de l’acquéreur est donc tout à fait primordial. Mais plus en amont n’y aurait –il pas  intérêt, aussi, à créer une marque distinct du nom du dirigeant propriétaire ?
 
 

Deuxième remarque : les Spanghero ont cédé leur entreprise : « A la table des Spanghero » au groupe coopératif agricole basque Lur berri. A l’origine, il me semble que l’objet même de la création des coopératives agricoles est de regrouper des agriculteurs locaux, pour, ensemble, se doter de moyens communs de stockage, de  transformation et de distribution de leurs productions.
 
On n’est pas loin de la définition du Bien Commun. : «  Ensemble des conditions sociales qui permettent, tant aux groupes qu’à chacun de leurs membres d’atteindre leur perfection, d’une façon plus totale et plus aisée ».

 

Depuis déjà de nombreuses années, on assiste de la part des coopératives agricoles françaises et européennes à la course frénétique à la fameuse « taille critique » en dessous de laquelle, on n’existe pas !!

 

Au nom de cette course, de nombreux regroupements de coopératives se sont opérés cependant que d’autres coopératives sont devenus des groupes coopératifs industriels (comme Lur berri)   qui se sont développé à partir d’une coopérative initiale en filialisant, par intégration verticale,  dans des sociétés industrielles (La table des Spanghero par exemple) l’essentiel de la transformation des produits issus des mains  des coopérateurs initiaux au début puis laissant à ces filiales leur autonomie de fonctionnement.

 
 

On voit bien, entre autres, deux inconvénients :
 

–         L’éloignement de l’agriculteur coopérant de base du sommet de la direction du groupe et par conséquent les incompréhensions inévitables sur la politique et les stratégies suivies par ces groupes.

–         Le mélange des  cultures d’entreprise au sein de ces groupes créant une diminution de l’identité culturelle et locale des coopératives agricoles et une incompréhension entre les acteurs.

 
 
Tout ceci crée un flou dans lequel les dirigeants permanents, compétents par définition, se meuvent avec aisance. Souvent, ces permanents ont été élevés au modèle économique dominant (celui de l’entreprise capitaliste anonyme) et à la suprématie de la logique financière sur toutes les autres.
 
Ils ont oublié les fondements mêmes de l’originalité des coopératives agricoles, transformant les coopérants, dans un cas, en pseudo actionnaires et dans l’autre en travailleurs à domicile.
 
C’est peut être ainsi que l’ ancien petit abattoir de Castelnaudary achète de la viande de cheval en Roumanie, par l’intermédiaire de traders hollandais et chypriotes , qu’il mélange ce produit dans des plats cuisinés et surgelés sous l’appellation viande de bœuf et revend ces plats aux distributeurs de surgelés dans toute l’ Europe.
 
Le Bien commun s’est mué en somme d’intérêts particuliers et Laurent Spanghero pleure.