Nouveau Testament et management : Une petite analogie parmi beaucoup d’autres.

12 juin 2013

Voici un extrait dans le Blog La Tribune, d’un article de Sophie Péters : « Moins de caporalisme pour plus de productivité. »

 

« …une femme de ménage de Favi (entreprise de sous-traitance automobile) qui, décrochant le téléphone de l’entreprise à 19 heures, comprend qu’un client est en rade à l’aéroport. De sa propre initiative, elle prend l’une des voitures de la société mises à disposition des salariés susceptibles d’en avoir besoin, va chercher l’hôte de marque, le dépose à son hôtel et retourne terminer le nettoyage des locaux.

 
 

Le client félicite le lendemain le patron de l’accueil qu’il a reçu, comprenant tout de même qu’il y avait eu un quiproquo dans le rendez-vous. « Voilà exactement la différence entre une entreprise « comment » et une entreprise « pourquoi », raconte Getz. Christine une femme de ménage a vu une occasion de se rendre utile pour son entreprise. Elle n’avait pas le sentiment d’avoir fait quelque chose d’exceptionnel. Dans cette entreprise tous ceux qui rencontrent un problème et qui ont une solution l’appliquent. Pas besoin d’en parler avant pour demander l’autorisation ni après pour obtenir des remerciements ».

 
 

Ce qui fait toute la différence ? Des dirigeants favorables à une culture d’entreprise qui libère l’initiative de leur personnel et convaincus que la totalité des salariés en savent bien plus long sur les capacités de leur entreprise qu’eux mêmes. Tout l’inverse des entreprises qui manient le « comment » tel la carotte et le bâton et où la direction est persuadée dur comme fer qu’il faut constamment contrôler les salariés et leur dire comment faire leur travail. »

 
 

Voici un extrait de la troisième lettre de St Paul aux Corinthiens :
« … une Alliance qui n’est pas celle de la lettre de la Loi, mais celle de l’Esprit du Dieu vivant ; car la lettre tue, mais l’Esprit donne la vie. »

 
 

En confrontant ces deux extraits il me vient ainsi une analogie que je vous propose.
Entre l’ancienne alliance basée sur la lettre de la Loi à la nouvelle alliance basée sur la liberté de l’Esprit et le passage de l’ancien management basé sur le « comment » au nouveau management basé sur le « pourquoi », il y a selon moi une véritable analogie intéressante à explorer.

 
 

L’ancienne alliance repose essentiellement sur l’observation des préceptes édictés par la Loi donnée par Dieu aux hommes. Les hommes en ont fait une alliance pleine de contraintes, de normes, de contrôles. De même, ce qu’Isaac Getz décrit dans son livre : « Liberté et Cie » comme les entreprises du « comment » qui sont désignées selon Getz sous le nom d’entreprises hiérarchiques, bureaucratiques ou adeptes du modèle « commandement et contrôle ».

 
 

La nouvelle alliance ou souffle l’Esprit du Christ redonne la Vie comme pour le fils de la veuve de Naïm ou Jésus touche son cercueil considéré comme impur par les juifs et lui ordonne de se lever. Autre signe, lorsque Jésus déclare que le Sabbat est fait pour l’homme et non l’homme pour le Sabbat. Il libère le nouvel homme du poids des prescriptions pour le mettre en mouvement. C’est la même idée qui préside dans les entreprises du « pourquoi » ou le collaborateur, libéré du poids des contraintes, des « reportings » ou des normes peut enfin prendre des initiatives et donner le meilleur de lui-même.

 
 

Pour aller plus loin dans l’analogie, le Christ ne dit pas qu’Il est venu abolir la Loi mais l’accomplir. De même pour passer de l’entreprise « comment » à l’entreprise « pourquoi », d’une part il ne s’agit pas de changer d’objectif qui reste la performance de l’entreprise mais, d’autre part, la préconisation pour passer d’un état à un autre n’est pas de faire la révolution dans l’entreprise mais bien de créer les conditions d’une transformation managériale et du leadership. Transformation toute intérieure (d’abord) des acteurs qui s’apparente à une…conversion.

 
 

Dominique. Cassanet